dimanche 28 février 2021
Journée mondiale de prière 2021
Poitiers : vendredi 5 mars, au temple, 5 rue des Écossais, à 15 h 30
Châtellerault : dimanche 7 mars, en l'église Ste-Marie-d'Ozon, à 15 h 00
Matthieu 7, 24-27
« Qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique peut être comparé à quelqqu'un d'avisé qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé ; ils se sont précipités contre cette maison et elle ne s’est pas écroulée, car ses fondations étaient sur le roc.
Et qui entend les paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique peut être comparé à quelqqu'un d'insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé ; ils sont venus battre cette maison, elle s’est écroulée, et grande fut sa ruine. »
mardi 2 février 2021
Quand des fléaux s’abattent sur l’oppresseur
Réflexion suite à une question d'une catéchumène s'interrogeant...
… À propos de la mort des premiers-nés (Exode 12, 29), dernière plaie avant la sortie du pays de l’esclavage… Plus tard dans le récit, lorsque, le peuple ayant traversé la mer, l'armée de Pharaon est engloutie par les eaux, le texte de l’Exode nous rappelle qu’un chant de louange est adressé à Dieu (par Moïse, sa sœur Myriam et le peuple libéré - Exode 15). Un commentaire juif, dans le Talmud, nous dit :
“Au même moment (lorsque Moïse entonna le cantique) les anges du service demandèrent à dire un cantique devant le Saint - béni soit-il, celui-ci leur dit : les créatures de mes mains sont en train de se noyer, et vous voulez dire un cantique de grâce !” (Talmud de Babylone, Traité Sanhédrin)
Cette remarque peut être prise en compte aussi pour la mort des premiers-nés du pays de Pharaon. La libération des esclaves s’est faite douloureusement. Les propriétaires d’esclaves ne libèrent pas de bon cœur ceux qu’ils considèrent comme leurs possessions. La Bible rappelle cette difficulté : il est des libérations qui ne se font qu’à travers des violences, entraînant des douleurs considérables. Ici, cette douleur est traduite en termes de mort des premiers-nés. Comment des épisodes terribles arrivent concrètement dans les faits, c’est difficile à dire, et au fond, le texte ne l’explique pas, même si, par sa façon d’en donner le récit, il affirme que cela n’échappe pas à Dieu (perçu comme maîtrisant tout ce qui arrive).
Ce qui vaut réjouissance, ce n’est pas la violence, mais c’est la libération des opprimés ! Ce qui demeure, c’est que les libérations entraînent le plus souvent des violences : dans le texte de l’Exode, l'engloutissement de l'armée de Pharaon ou la mort des premiers-nés. À l'époque moderne non plus, la libération des esclaves (pensons à la guerre civile américaine) n'a pu se faire sans violence. Ce n’est pas la violence qui est réjouissante, c’est la libération. De même pour la Révolution française, ce n’est pas la violence, c’est la Déclaration des Droits de l’homme de 1789 qui en est sortie, écrite sur des tables similaires à celles que l’on représente pour le Décalogue biblique. La libération, nécessaire, mais dont l’avènement s’est fait dans la douleur, a vu la proclamation d’une loi qui donne les règles par lesquelles ne pas retomber dans l’esclavage et la violence. De même au XXe siècle, la libération à l’égard du nazisme, qui n’a pas pu se faire sans violence, a débouché sur la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui exprime les règles à observer pour que cela ne se reproduise pas.
Dans tous les cas, la violence par laquelle on passe pour aboutir à l’avènement de la liberté est tragique. Et elle attriste Dieu, selon le commentaire talmudique. Ce qui vaut la joie, c’est la liberté reçue, pas son prix douloureux.
RP
vendredi 29 janvier 2021
Le parpaillot châtelleraudais | février & mars 2021
Numéro 5 — février-mars 2021,
Clic sur l’image :
Des crêpes, ou : du confinement à la reconnaissance…
Le « jour des crêpes », le 2 février, c’est quarante jours après la naissance de Jésus, célébrée depuis les IVe-Ve siècles le 25 décembre — en regard de la dimension angélique du temps que l’on a évoquée à Noël. Le 2 février est donc le jour qui correspond au rite biblique de réintégration de la famille du nouveau-né dans le cours de la vie normale, après une quarantaine, confinement de quarante jours, qui suit l'accouchement. On appelle cela « la purification » ou « les relevailles »…
Ce rite des relevailles correspond à un précepte de la Loi de Moïse — Lévitique ch. 12, 6-8 : « Lorsque s’achève [pour la mère qui vient de donner naissance] son temps de purification, pour un fils ou pour une fille, elle amène au desservant du temple, à l’entrée de la tente de la rencontre, un agneau âgé d’un an, pour un holocauste, et un pigeon ou une tourterelle, servant à un sacrifice pour le péché ; […] » Telles sont les instructions concernant la femme qui accouche d’un garçon ou d’une fille. « Si elle n’arrive pas à se procurer un agneau, elle prend deux tourterelles ou deux pigeons, l’un servant à un holocauste et l’autre à un sacrifice pour le péché ; quand le desservant a fait sur elle le rite d’absolution, elle est purifiée. »
En Luc (ch. 2, v. 24), on voit Marie et Joseph apportant, « suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux petits pigeons ». Mais… où sont les crêpes ? me direz-vous… C'est ici que l'on trouve un autre aspect de l’enracinement biblique de cette fête. Outre le « couple de tourterelles ou petits pigeons », si on entre dans les détails de ce qui a dû s'accomplir à cette occasion, on découvre cette précision de la Loi de Moïse : « on ne doit pas apparaître au Temple sans offrandes » (Deutéronome 16, 16). Or, le Lévitique le précise (ch. 2, v. 1) : « Lorsque quelqu’un fera à l’Éternel une offrande en don, son offrande sera de fleur de farine ». Lévitique 2, 4 précise : « Si tu fais une offrande de ce qui est cuit au four, qu’on se serve de fleur de farine, et que ce soient des gâteaux sans levain pétris à l’huile et des galettes sans levain arrosées d’huile ». Et Lévitique 7, 12 : « Si quelqu’un l’offre par reconnaissance, il offrira, avec le sacrifice d’actions de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain arrosées d’huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l’huile. »
Bref, des crêpes !… Ondulées par la cuisson, d'où le nom, « crêpe » venant du mot latin crispa qui signifie « bouclé », « ondulé »… Voilà l’aspect biblique de la tradition des crêpes partagées le jour de la fête de la fin de la quarantaine de la mère et de la famille de Jésus.
L’offrande des crêpes — geste prescrit par Moïse pour remercier Dieu — est le geste par lequel Marie dit sa reconnaissance. Nos crêpes en sont le souvenir, façon populaire de dire notre reconnaissance — avec le vieux prophète qui, prenant Jésus dans ses bras, acclame la lumière que symbolisera l’autre nom de la fête aux crêpes, Chandeleur, parlant de chandelles pour dire la lumière appelée à rayonner jusqu’aux extrémités de la Terre : « mes yeux ont vu ton salut, s'exclame le vieux prophète Syméon (Luc 2, 30-32), salut que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux nations et gloire d’Israël ton peuple. »
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Des crêpes, ou : du confinement à la reconnaissance…
Le « jour des crêpes », le 2 février, c’est quarante jours après la naissance de Jésus, célébrée depuis les IVe-Ve siècles le 25 décembre — en regard de la dimension angélique du temps que l’on a évoquée à Noël. Le 2 février est donc le jour qui correspond au rite biblique de réintégration de la famille du nouveau-né dans le cours de la vie normale, après une quarantaine, confinement de quarante jours, qui suit l'accouchement. On appelle cela « la purification » ou « les relevailles »…
Ce rite des relevailles correspond à un précepte de la Loi de Moïse — Lévitique ch. 12, 6-8 : « Lorsque s’achève [pour la mère qui vient de donner naissance] son temps de purification, pour un fils ou pour une fille, elle amène au desservant du temple, à l’entrée de la tente de la rencontre, un agneau âgé d’un an, pour un holocauste, et un pigeon ou une tourterelle, servant à un sacrifice pour le péché ; […] » Telles sont les instructions concernant la femme qui accouche d’un garçon ou d’une fille. « Si elle n’arrive pas à se procurer un agneau, elle prend deux tourterelles ou deux pigeons, l’un servant à un holocauste et l’autre à un sacrifice pour le péché ; quand le desservant a fait sur elle le rite d’absolution, elle est purifiée. »
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En Luc (ch. 2, v. 24), on voit Marie et Joseph apportant, « suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux petits pigeons ». Mais… où sont les crêpes ? me direz-vous… C'est ici que l'on trouve un autre aspect de l’enracinement biblique de cette fête. Outre le « couple de tourterelles ou petits pigeons », si on entre dans les détails de ce qui a dû s'accomplir à cette occasion, on découvre cette précision de la Loi de Moïse : « on ne doit pas apparaître au Temple sans offrandes » (Deutéronome 16, 16). Or, le Lévitique le précise (ch. 2, v. 1) : « Lorsque quelqu’un fera à l’Éternel une offrande en don, son offrande sera de fleur de farine ». Lévitique 2, 4 précise : « Si tu fais une offrande de ce qui est cuit au four, qu’on se serve de fleur de farine, et que ce soient des gâteaux sans levain pétris à l’huile et des galettes sans levain arrosées d’huile ». Et Lévitique 7, 12 : « Si quelqu’un l’offre par reconnaissance, il offrira, avec le sacrifice d’actions de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain arrosées d’huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l’huile. »
Bref, des crêpes !… Ondulées par la cuisson, d'où le nom, « crêpe » venant du mot latin crispa qui signifie « bouclé », « ondulé »… Voilà l’aspect biblique de la tradition des crêpes partagées le jour de la fête de la fin de la quarantaine de la mère et de la famille de Jésus.
L’offrande des crêpes — geste prescrit par Moïse pour remercier Dieu — est le geste par lequel Marie dit sa reconnaissance. Nos crêpes en sont le souvenir, façon populaire de dire notre reconnaissance — avec le vieux prophète qui, prenant Jésus dans ses bras, acclame la lumière que symbolisera l’autre nom de la fête aux crêpes, Chandeleur, parlant de chandelles pour dire la lumière appelée à rayonner jusqu’aux extrémités de la Terre : « mes yeux ont vu ton salut, s'exclame le vieux prophète Syméon (Luc 2, 30-32), salut que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux nations et gloire d’Israël ton peuple. »
RP
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