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jeudi 30 mars 2023
Quoi de neuf ? - Pâques 2023
Édito
Violence et guerres
Violence et guerres : la Bible, l'Histoire et nous… Nos études bibliques nous conduisent cette année à des moments bibliques de violence, ouvrant la question : est-ce une bonne chose que cette Création, celle de l’homme en particulier ? — l’homme dont Dieu s’est repenti de l’avoir créé (Gn 6, 6) ! Au plus aigu, cet atroce épisode relaté en Juges 19 — une femme dont on ne sait pas le nom violée à mort collectivement avant d’être démembrée. Ce récit ancien qui résonne tant avec notre actualité nous pose cruellement la question : cette Création valait-elle le coup ?
Aux origines, avant l’humain : « Que la lumière soit ! Et la lumière fut… Jour Un » (Gn 1, 3). Un débat a existé chez les maîtres du judaïsme pour savoir si le premier moment de la Création est au v. 2 de Genèse 1, ou au verset 3 : « Que la lumière soit ! »… le v. 2, le tohu-bohu, étant alors le substrat posé par Dieu relevant donc déjà de sa Création, en vue de la Création.
Un substrat qui pourrait résonner, lui, pour un moderne, avec les 13, 8 milliards d’années depuis le Big bang et avec un univers observable qui compte quelques 2 000 milliards de galaxies de centaines de milliards d'étoiles. Notre seule galaxie, la Voie lactée, une seule de ces 2 000 milliards de galaxies, ayant une extension de l’ordre de 100 000 années-lumière, on perçoit les étoiles lointaines de notre seule galaxie comme elles étaient il y a 100 000 ans. Une parmi les centaines de milliards d’étoiles de cette galaxie parmi 2 000 milliards d’autres, le soleil est l’étoile autour de laquelle tourne la terre — sur laquelle vous lisez aujourd’hui Quoi de neuf ?
Voilà qui met les choses en perspective, et qui semble bien vertigineux ! On pourrait se dire que tout ça est le fait du hasard, que la vie terrestre est un mini-bouillon de culture hasardeux… débouchant sur une civilisation humaine .../...
À suivre .../...
mercredi 9 novembre 2022
Quoi de neuf ? - Avent 2022

Numéro de l'Avent 2022
Édito
« Enseigne-nous à prier » « Enseigne-nous à prier » (suite de…)
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Une espérance dont on désespère, celle d'un règne universel de la justice, annoncé par le ministère d’une Église qui rayonne, celle de jours où, par la parole de la promesse d’une paix universelle qui vient par la justice, tout est repris, mais dans la justice, de ce que font les empires et leurs paix imposées par la force et la violence, par le viol de la justice.
Au temps où Jésus donne le Notre Père, une vraie paix, juste, n'est jamais advenue en sa plénitude, Jésus en pleure sur Jérusalem ; depuis Jésus, ce n'est jamais advenu ni à Jérusalem ni non plus au sein des nations, pas même celles sur lesquelles son nom pourtant a été invoqué. Mais celui qui a porté cette espérance et qui en donne la promesse est plus vrai que nos désespérances — il a vaincu jusqu'à la mort même. Le Christ ressuscité ne meurt pas. Avec nous jusqu'à la fin du monde, il est celui qui nous envoie — nous nourrissant de sa promesse qui a vaincu toutes les désespérances.
« Enseigne-nous à prier », ont demandé les disciples à Jésus qu’ils n’ont jamais vu prier — il se retire seul. « Voici comment vous devez prier : quand vous priez, dites… Père… », répond Jésus. Voilà qui nous place dans l’intimité de Dieu — Père / « Abba ». Intimité : souvenons-nous que Matthieu précise : « entre dans ta chambre, ferme la porte. » Où l’on reçoit du Père la parole donnée publiquement de la chaire, déjà aux cinq livres de la Tora, reprise aux cinq livres liturgiques des Psaumes. Et en écho la prière devenue prière liturgique publique, le « Notre Père ».
« Que ton nom soit sanctifié », sanctifié c'est-à-dire mis à part, jamais prononcé en vain, et donc reconnu comme indicible. En outre, négliger le nom du Père, nous qu'il adopte comme ses enfants, c'est ne pas percevoir l’ouverture d'avenir qui s’y trouve. « Honore ton père et ta mère afin que tes jours se prolongent sur la terre » dit la Tora. D'emblée donc, la prière du Seigneur ouvre un avenir, ce qui fait rejoindre un des thèmes de cette sanctification du Nom dans les livres prophétiques : la venue du Règne où Dieu sanctifie lui-même son nom en accomplissant sa promesse.
Et effectivement cette première demande est suivie de la demande de la venue du Règne de Dieu en nos vies et dans le monde, par l’accomplissement de la volonté de Dieu jusque sur cette terre en désordre, dans la dépendance du Père pour le pain, du pain céleste à celui qui sous-tend nos vies, pour un Règne qui s’ouvre par une remise des dettes, des dettes littérales jusqu'aux dettes spirituelles et morales que sont nos fautes contre Dieu et autrui.
Les disciples ne savent pas qu'ils viennent de poser à Jésus une question très délicate, aux conséquences périlleuses pour eux-mêmes. Mais c'est par là, par la prière, que viendra le Règne de Dieu. En ces cinq demandes écho aux cinq livres des Psaumes. Sept chez Matthieu — la troisième et la septième de Matthieu étant une extension de la seconde et de la sixième demande (« que ton règne vienne » s'y commente en « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » et « ne nous mets pas dans l'épreuve » s’y commente en « délivre-nous du mal », littéralement du Mauvais, soit du Destructeur).
Cinq demandes qui risquent, si nous y sommes attentifs, de nous mener où nous ne voudrions pas, à savoir au Règne de Dieu dont nous demandons pourtant qu'il vienne. Aller où nous n'aurions pas prévu, ou du moins d'une façon que nous n'aurions pas prévue, comme Pierre à la fin de l'évangile de Jean (21, 18) : « un autre te mènera où tu ne voudras pas ».
Roland Poupin, pasteur
jeudi 9 juin 2022
Quoi de neuf ? - Pentecôte 2022
Édito
…/…
Il y a le monde visible, passager, où nos vies se terminent par la mort ; ce monde où l’herbe sèche et où la fleur se fane, comme le dit le prophète Ésaïe (ch. 40, v. 7) : c’est la mort pour ce temps, ce temps si bref de nos vies terrestres.
Et puis il y a une autre réalité, celle du règne de Dieu, dont la Parole subsiste éternellement (És 40, 8), un monde que Jésus, qui observe pleinement la parole de son Père, annonce comme son royaume ; c’est le monde de la résurrection, dans lequel Jésus promet que Dieu fait entrer dès aujourd’hui quiconque croit en lui, par une première résurrection.
Cette première résurrection qui a lieu dès aujourd’hui dans nos vies, nous guérit de ce que l’Évangile appelle la première mort, mort spirituelle, agissant avant même la mort physique qui met terme à nos vies. Cette première mort est une mort spirituelle.
Cette mort spirituelle, c'est le désespoir, le désespoir profond qui ronge les vies et que pourtant l’on ignore, une vraie mort qui ronge aujourd’hui nos sociétés réputées « apaisées » — « apaisées » jusqu’à hier en tout cas concernant notre pays et notre continent, puisqu’on a connu quelques 77 ans sans guerres en Europe occidentale. Ce qui n’a pas empêché les ravages de la mort spirituelle, qui se traduit par des litanies de détresse, de remords pour ce qu'on a vécu ou pour ce qu'on n'a pas vécu, de culpabilité ; bref, on connaît les affres infernales.
C'est face à cette mort spirituelle, porte de désespoir, que Jésus nous donne la promesse d’être en sa main, par la seule confiance en lui, un avec le Père, qui nous connaît chacune et chacun.
« Mes brebis écoutent ma voix et je les connais ».
C’est une autre voix que celle du bruit, une voix qui, depuis les paroles et les actes du bon berger, résonne silencieusement au cœur de nos êtres — « ce n'est pas un discours, il n'y a pas de paroles, aucun son ne se fait entendre », lit-on au Psaume 19.
C'est la voix du bon berger qui promet à ses brebis la vie d'éternité dès aujourd’hui. Je leur donne la vie éternelle, et elles ne mourront pas pour l'éternité. Cette mort, le désespoir qui ronge en tout temps, n'a pas le dernier mot : « personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tout, et nul n’a le pouvoir d’arracher quelque chose de la main du Père. Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10, 27-30).
Roland Poupin, pasteur
vendredi 25 mars 2022
Quoi de neuf ? - Pâques 2022
Édito
Guerre et bruits de guerre
L'actualité d’une part, qui, hélas, nous ramène à la guerre et au déferlement de méchanceté gratuite qui l'accompagne ; le temps liturgique de Carême d’autre part, qui s’ouvre par l'épreuve au désert : Jésus tenté par le diable (Luc 4, 1-13), un récit aux allures de métaphore. Quelqu'un demandera : « Mais si tu enlèves les métaphores, qu'est-ce qu'il reste ? — Il reste l'inexplicable. » Je viens de citer le romancier Stephen King, dans son livre L'Outsider, où l'inexplicable est le mal. Je poursuis avec S. King. Une conversation dans L'Outsider, à propos d'une figure du mal, comme, d'une autre façon, le diable de notre récit :
« — Vous dites toujours S'il existe. En supposant qu'il existe. En admettant qu'il existe. Je ne parle pas des catastrophes naturelles ni des accidents. Je parle des choses que certaines personnes font à d'autres. Un individu qui avait un visage pour son entourage et un autre pour les femmes qu'il tuait. La dernière vision de ses victimes, c'était ce visage, son visage intérieur. Il en existe d'autres. Ils vivent parmi nous. Vous le savez. Ce sont des monstres qui dépassent notre entendement. Pourtant, vous croyez à leur existence. Pourriez-vous dire : "Je comprends le mal et les ténèbres qui se dissimulaient derrière le masque de ce bon citoyen ? Je sais exactement ce qui l'a poussé à faire ça" ? — Non. Des hommes qui ont commis des actes affreux, une femme qui a noyé son bébé dans la baignoire, et je n'ai jamais compris. D'ailleurs, la plupart du temps, eux-mêmes ne comprennent pas. — Pas plus que je n'ai compris pourquoi tel jeune homme a décidé se faire exploser, de se suicider en plein concert et d'entraîner dans la mort un millier de gamins innocents. »
C’est cette violence inouïe que la guerre déchaîne, et dont les victimes sont d’abord les sans-défense, les enfants, leurs mères, les vieillards…
À suivre .../...
jeudi 25 novembre 2021
Quoi de neuf ? - Noël 2021
Édito
La lumière est venue dans un enfant
« Toutes choses ont été faites par la Parole divine, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des humains (Jean 1, 3‑4). Elle était la véritable lumière, qui éclaire tout humain venant dans le monde. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue » (Jn 1, 9‑10).
« En cette Parole est la lumière du monde », avant même la lumière naturelle. Dans la Parole divine, la lumière apparaît : que Dieu dise — « que la lumière soit », et la lumière est (Genèse 1, 3). Cette véritable lumière est la lumière spirituelle dans laquelle le monde prend forme. C’est la lumière des origines, la lumière de la vie, sourcée dans la Parole qui fonde le monde... et le monde ne l’a pas connue, de même que « nul n’a jamais vu Dieu » (Jn 1, 18). Nous voilà, « les siens qui ne l’ont point reçue » (Jn 1, 11), comme un « peuple marchant dans les ténèbres ».
Mais voilà aussi que « le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière » (Ésaïe 9, 1). Ce texte lu à Noël nous rappelle que cette même Parole qui aux origines fait sortir la vie des ténèbres est à nouveau au recommencement de toute chose, il y a maintenant 2021 ans. Car cette lumière est venue jusqu’à nous, nous rejoignant au cœur « des ténèbres qui couvrent la terre, du brouillard qui couvre les cités » (És 60, 2). Quand les ténèbres et le brouillard de nos douleurs — deuils et maladies dans nos vies personnelles et familiales ; menace climatique, menace pandémique ; scandale des abîmes des inégalités sociales et des mépris qui ébranlent notre vie commune, — nous empêchent encore de voir clairement ce mystère : le peuple que Dieu appelle est déjà rayonnant de Sa lumière, « car elle arrive, ta lumière » (És 60, 2).
Tournée vers Dieu (Jn 1, 1), en vis-à-vis de Dieu comme l'image est en vis-à-vis dans le miroir qui la réfléchit, la Parole du commencement s’est approchée. Dans le vis-à-vis de sa Parole, devenue chair à Noël, est la réflexion de Dieu même — « la Parole était Dieu ». Le mot pour Parole qu'emploie l’Évangile de Jean est en grec le même mot que pour « raison » (c'est le mot — logos — qui a donné « logique »). Dieu raisonne, parle et fait, exprimant ce qu’il conçoit dans son éternité — sa Parole de lumière devenue chair.
C'est à cette Parole des origines, créatrice, que renvoie ce commencement de l’Évangile de Jean, et à la lumière qui en est le premier effet. Une lumière qui précède toute lumière, vraie lumière, qui éclaire tout humain venant dans le monde…
« Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a fait connaître » (Jn 1, 18). En cette lumière, donnée comme celle de Noël, le monde de la résurrection est alors répandu comme une graine de lumière : venue à nous à Noël, cette même Parole qui nous fait venir à l'être peut aussi nous faire venir dès ce temps à la vie de Dieu, pourvu que nous l'accueillions : « Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. Mais à toutes celles et ceux l’ont reçue, qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jn 1, 11‑13).
RP
lundi 27 septembre 2021
Quoi de neuf ? - septembre 2021
Édito
“Patrimoine pour tous”
“Patrimoine pour tous”, tel était le thème des journées européennes du patrimoine de cette année 2021. Nous sous sommes arrêtés au patrimoine spirituel de l’Europe et de la France, et sur la transmission de ce patrimoine commun, ce livre juif qu’est la Bible, avec le rôle de la Réforme et du protestantisme.
« Le mot de réforme, dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui est apparu, semble-t-il, aux États généraux de Tours, en 1484 [Luther a un an]. On y a parlé précisément de la nécessité d'une réforme de l’Église. » (Pierre Lovy, Introduction au Nouveau Testament de Lefèvre d'Étaples (1525), Nice, 2005). On entend opérer cette réforme par la Bible, pour réparer une chrétienté divisée depuis 1378. De 1378 à 1418, elle a eu deux papes simultanés. Suite du concile de Constance, tenu de 1414 à 1418, après avoir transité par trois papes, on est revenu à un pape unique, à Rome. Ce qui n’a pas mis fin à la division de la chrétienté : à l'entrée du XVIe siècle, les christianismes sont divers.
Concile et papauté ont échoué à faire l’unité, et se sont accordés pour condamner, en 1415, Jan Hus en qui est apparue une troisième option unificatrice : la Bible. L’Écriture comme principe propre à établir la paix. C’est la position de Luther : « Je ne crois ni au pape ni aux conciles seuls puisqu'il est évident qu'ils se sont souvent trompés et contredits. » Son refus de se rétracter — « ma conscience est liée par la Parole de Dieu » — est fondateur de la liberté de conscience. Le principe sola Scriptura entraînera plusieurs compréhensions — de la présence du Christ à la Sainte Cène, du baptême, etc., ce qui fonde plusieurs Églises protestantes, à une époque où il y a aussi plusieurs formes de catholicisme…
La paix d'Augsbourg vient poser un point d’orgue, en 1555, avec le principe « cujus regio, ejus religio » — « tel roi, telle religion ».
En France, la guerre civile fait suite à l'échec du Colloque de Poissy — tenu du 9 au 26 septembre 1561, convoqué par Catherine de Médicis pour établir l’unité. On a failli s'accorder sur la Confession luthérienne d'Augsbourg, qui serait devenue la confession de foi d'une Église gallicane unie ! Quelques mois après, le 1er mars 1562 est perpétré le massacre de Wassy, en plein culte, qui marque le début des guerres de religion en France. À l’échelle européenne, la dynastie des Habsbourg tente de réunifier religieusement son Empire (autre principe d’unité échoué, l’Empire), par la guerre : Guerre de Trente ans, qui débouche sur la disparition du tiers à la moitié de la population de l’Empire. Elle se clôt, le 24 octobre 1648, par les traités de Westphalie, qui marquent la fin de la chrétienté — remplacée par la civilisation actuelle, reçue trois mois après en Angleterre, créant la première république moderne lors de la Révolution protestante dite puritaine, reprise aux États-Unis avec la Déclaration d'indépendance référant à la Bible et en France avec la Révolution française et les Droits de l’Homme gravés sur les tables bibliques reprises du Décalogue puis la séparation des Églises et de l’État, reconnaissant la pluralité des cultes…
RP
Version complète ICI
mercredi 16 juin 2021
Quoi de neuf ? - Juin 2021
Édito
Dans l’absence, une autre présence
Un Christ que nous n’avons pas vu, comme, après son départ, ses Apôtres ne le voient plus. Dans le départ du Christ, c’est une réalité essentielle de la vie de Dieu avec le monde qui est exprimée : son retrait, son absence — « personne n’a jamais vu Dieu » (Jean 1, 18). Si le Christ ressuscité est lui-même, comme le Père, présent partout, il est aussi, désormais, comme le Père, absent, caché.
Cette absence est aussi signe de son règne — de ce que l’on n’a point de mainmise sur lui —, et de quel genre est son règne. Le Christ entre dans son règne et se retire, voilé dans une nuée, mémoire du Sinaï et du Nom au-delà de tout nom.
Et voilà qu’en ces signes d’absence, apparemment négatifs, s’est inscrite cette promesse : « il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Consolateur [, l’Esprit/Souffle promis,] ne viendra pas » (Jean 16, 5) …
À suivre .../...
*
Avant cela, « Jésus vint, se tint au milieu d’eux et il leur dit : “La paix soit avec vous.” Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie.” Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : “Recevez l’Esprit Saint ; ceux pour qui vous remettez les péchés, ils leur ont été remis. Ceux pour qui vous les soumettez, ils leur ont été soumis.” » (Jean 20, 19-23).
Ici, dans ce passage de relais, s’ouvre la porte de la liberté à laquelle nous sommes invités à notre tour. Il s’est retiré — « désormais, je ne suis plus dans le monde » (Jean 17, 11) — pour que nous puissions être, comme au récit de la Création Dieu se retire pour que nous puissions être. Porte de liberté, porte de liberté renouvelée, en un nouveau signe, lors d’une fête juive de Chavouot, Pentecôte, fête du don de la Torah, quelque cinquante jours plus tard.
Cette liberté est avant tout une question de pardon : « ceux pour qui vous remettez les péchés, ils leur ont été remis. Ceux pour qui vous les soumettez, ils leur ont été soumis » (plutôt que « ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus », comme si les Apôtres avaient pour mission de retenir captifs de leurs péchés certains de ceux à qui ils sont envoyés !). Telle est la promesse que Jésus donne à ses disciples, priant pour eux et pour nous après eux (Jean 17, 20).
Envoyés pour communiquer la libération que Jésus — qui désormais n’est plus dans le monde (Jn 17, 11a) — vient d’octroyer dans le don de l’Esprit saint à ceux qui pour l’heure restent dans le monde (Jn 17, 11b). Y être envoyés pour vivre et communiquer abondamment la liberté d’être devant Dieu : « ceux pour qui vous remettez les péchés, ils leur ont été remis. Ceux pour qui vous les soumettez, ils leur ont été soumis. »
Telle est la parole de liberté — parole de pardon qui met fin à la crainte et nous envoie avec la paix de Dieu — qui nous est donnée dans le souffle de l’Esprit saint pour que nous la disions et la vivions à notre tour.
RP
lundi 2 novembre 2020
Quoi de neuf ? - Automne 2020
Avec le mot du trésorier
Temps d’absence et promesse de présence (suite)
.../...
Le vrai Dieu est au-delà de toute figure, et particulièrement de toute figure de la force, cela en tout temps ; au-delà, aujourd’hui, d’une figure au nom de laquelle on tue. Une idole fragile au point d’être menacée par des dessins, au point de devoir être défendue par la violence ! Une idole de la puissance, de la force et de la violence. Le vrai Dieu, est inblasphémable : aucune caricature ne saurait l’atteindre, lui ou ses prophètes et témoins. Aucune des figures d’idole que l'on s'en fait n’est Dieu, Dieu au-delà de tout nom, de toute représentation, et dont la force se déploie dans la faiblesse d’un serviteur souffrant et mourant — manifestant dans sa faiblesse-même que « Dieu est amour » (1 Jean 4, 8 & 16).
« Nul n’a jamais vu Dieu. Dieu, le Fils unique qui demeure dans le sein du Père, seul nous l’a fait connaître » (Jean 1, 18).
Voilà qui nous rappelle nos limites, soulignées encore en ce temps de pandémie. L’Église est toujours composée de disciples limités, entendant quand même l’appel à l’amour, à l’union et au rassemblement, mais toujours en déficit. C’est ce défi qu’il s’agit de continuer à relever quand en ce temps d’Avent et de Noël se profile la commémoration de l’Incarnation de celui qui nous a pleinement rejoints.
Roland Poupin, pasteur
mardi 26 mai 2020
Quoi de n'œuf de Pâques 2020
Édito
Résurrection… de la chair
Au terme d’un Carême… prolongé pour cause de pandémie, la bonne nouvelle de la résurrection annoncée pourtant en son temps cette année encore, mais en confinement, brillera de toute sa lumière… plus tard, comme pour Thomas, qui n’était pas présent lors du premier dimanche de Pâques…
« Thomas, l’un des Douze, celui qu’on appelle Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur". Mais il leur répondit : "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas !" » (Jean 20, 24-25). On sait qu’ensuite, le Ressuscité lui apparaît et lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru » (Jean 20, 29).
Notons que Thomas n’a pas cru ce qu’il a vu (inutile : il l’a vu !) mais parce qu’il a vu ! Ce qui n’est pas la même chose. Thomas constate : il voit et il croit ce que cela signifie : le Christ est ressuscité, Dieu se dit là ! Ce que Thomas voit fait fonction de signe : signe d’une réalité qui dépasse infiniment ses sens.
Le Dieu qui se dit dans le Ressuscité nous signifie une vérité dont ce qu’on en perçoit est le signe, le symbole. De même qu’entre ce que voit Thomas et la réalité, c’est-à-dire ce qu’il croit.
Nous voilà ici entre la vérité du Ressuscité que confesse Thomas, et le signe qui désigne cette vérité — comme résurrection… de la chair !
Le Ressuscité à Thomas : « "Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois". » De même qu’en Luc (24, 39), aux disciples : « Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. Touchez-moi, regardez ; un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai. »
Résurrection… de la chair ! L’enjeu ? Le sens — éternel ! — de nos vies, concrétisées dans notre histoire, nos rencontres, la trivialité du quotidien, bref, dans la chair ! Comme le Fils éternel de Dieu advient à l’éternité qui est sienne par son histoire — ses plaies-mêmes, qui ont marqué sa chair, sont constitutives de son être ! —, tout ce qui constitue notre être — nos vies uniques devant Dieu, nos rencontres, notre histoire qui a fait de nous, qui fait de nous, qui fera de nous ce que nous sommes — tout cela est radicalement et éternellement racheté au dimanche de Pâques !

mardi 10 décembre 2019
Quoi de neuf ? - Avent & Noël 2019
Édito
Avent – en vue de ce qui vient
Nos méditations de l’Avent commencent cette année par cet avertissement de Jésus : « Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme ; car de même qu'en ces jours d'avant le déluge, on mangeait et on buvait, l'on se mariait ou l'on donnait en mariage, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et on ne se doutait de rien jusqu'à ce que vînt le déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme » (Matthieu 24, 37-39).
Jésus affirme alors (v. 42-44) : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir. Vous le savez : si le maître de maison connaissait l'heure de la nuit à laquelle le voleur va venir, il veillerait et ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Voilà pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'heure que vous ignorez que le Fils de l'homme va venir. »
Pour recevoir dans toute sa plénitude la promesse de Noël – le Seigneur vient –, il faut avoir entendu ces paroles de l’Avent. Paroles qui prennent peut-être une toute nouvelle actualité face à la menace écologique, considérée lors de notre dernier synode régional.
Quelle responsabilité nous incombe, en notre temps, quand les conséquences du pouvoir que nous donne notre technique nous échappent ? Quelle prise de conscience pour repenser ce pouvoir de façon responsable et veiller, comme nous y invite l’Avent – quelle conscience de la menace, quelle crainte, non pour en être paralysés, mais pour refonder notre responsabilité ?
« Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) […] qu'est qui peut servir de boussole ? L'anticipation de la menace elle-même ! C'est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l'aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les principes éthiques, desquels peuvent se laisser déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. Cela, je l'appelle “heuristique de la peur”. […]
« Sans doute [la responsabilité n'est] pas un phénomène nouveau dans la moralité. La responsabilité n'a pourtant jamais eu un tel objet […] jusqu'ici. Le savoir, aussi bien que le pouvoir étaient trop limités pour incorporer l'avenir plus lointain dans la prévision, bien plus, pour inclure la planète entière dans la conscience de la causalité personnelle. » (Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979, trad. fr. 1990, 1995, Préface [7-9], Champs/Essais, p. 16-17.)
C’est alors qu’au-delà de la menace, retentit toujours à nouveau la promesse (Ésaïe 9, 1-6) : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres Voit une grande lumière ; Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort Une lumière resplendit. […] Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. »
samedi 29 juin 2019
Quoi de neuf ? - Été 2019
Édito
Pentecôte, repos et projet d’Église
Cette année, la Pentecôte est célébrée au mois de juin, temps bientôt suivi de la pause d’été… 2000 ans après la Pentecôte du récit des Actes des Apôtres, nous sommes toujours dans la période qui a suivi l’événement ; où en quelque sorte, l'étape ultime de la Création se met en place. Le jour s'approche de l’entrée de la Création dans le « Shabbath de Dieu », le jour de l'apaisement qu'appellent les prières du peuple de Dieu dans la liturgie divine dans laquelle s'inscrit aussi la première Église (Actes 2, 42). Invitation à emplir nos repos d’été du signe du septième jour de la Création !
En se retirant, ultime humilité à l'image de Dieu, le Christ, Dieu créant le monde, nous laisse la place pour qu'en nous retirant à notre tour, nous devenions, par l'Esprit, par son souffle mystérieux, ce que nous sommes de façon cachée. Non pas ce que nous projetons de nous-mêmes, non pas ce que nous croyons être en nous situant dans le regard des autres. Devenir ce que nous sommes en Dieu qui s'est retiré pour que nous puissions être, par le Christ qui s’est retiré pour nous faire advenir dans la liberté de l’Esprit saint, suppose que nous nous retirions à notre tour de tout ce que nous avons pris l'habitude de croire de nous-mêmes.
L'Esprit de Dieu est celui qui insuffle en nous la liberté de n'être rien de ce dont nous aurions la maîtrise, de ne plus rechercher ce que nos habitudes nous ont rendu désirable.
Cela vaut aussi pour notre projet d’Église, pour les raisons de notre désir d’annoncer tout à nouveau l’Évangile. Précisément il s’agit là aussi de dépossession. Qu’il n’y ait en nos projets aucune raison autre que la gratuité de l’envoi de l’Esprit saint !
jeudi 30 mai 2019
Quoi de neuf ? - Pâques 2019
Édito
Moment décisif !
Pâques comme sortie du tombeau est la proclamation radicale de notre libération, dont la première grande expression biblique est l’Exode.
Une libération qui se fête non seulement au dimanche de Pâques, mais à chaque repos hebdomadaire. En l’occurrence, concernant l’Exode, il est question du commandement libérateur du Shabbat, signe de la libération divine, qui n’est pas le dimanche, mais auquel le dimanche fait écho.
Le Décalogue rappelle alors — selon le Deutéronome — que le Shabbat est ordonné en souvenir et en contrepartie de l’esclavage passé. Une libération qui vaut pour tous, et jusqu’aux animaux ! C’est au point que cette parole de libération s’inscrit et s’enracine — selon le livre de l’Exode — dans la Création du monde en imitation de Dieu lui-même venant au terme de son œuvre ! Voilà une parole toute d’actualité à l’heure où l’idolâtrie consumériste voudrait éteindre le commandement divin de la libération signifiée dans le repos hebdomadaire ! Notre Pâque, c’est aussi cette parole-là, celle de la fin de tous nos esclavages. Promesse du Ressuscité : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20, 22-23). Libération de tout esclavage, comme parole de pardon…
… Pardon qui passe par la Croix, autre nuit de la Pâque, pour une grâce à ce coût. C’est ce que nous rappelle l’histoire de Joseph. Le pardon donné par Joseph est d’un prix considérable, pour lui… et pour ses frères qui l’ont vendu ! Pour eux, le prix de l’humiliation. Pour Joseph, le pardon a coûté l’exil, la perte de son père et des siens pendant plusieurs années, avec ce que cela peut compter de troubles, d’amertume, de blessures… Pour lui, le soleil n’aura plus la clarté du temps de l’innocence et de la naïveté, qu’ont brisée ses frères qui lui ont causé tant de torts, y compris parmi ceux-là, ceux qui, soi-disant, n’ont pas fait exprès, n’ont pas osé s’opposer à l’avis des plus forts, etc. Le pardon coûte toutes ces blessures. Pourtant Joseph est devenu ce que ces douleurs traversées ont contribué à faire de lui, avec cette vérité à même de fonder tout à nouveau un bonheur à une tout autre mesure : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien » (Gn 50, 20) !
Du pardon naît un monde nouveau. De la Croix à Pâques. Se réalise ce que trois disciples avaient perçu en un éclair, lors de la transfiguration de Jésus, ce moment où trois disciples recevaient le privilège de voir lever un instant le secret de la gloire cachée sous l’humilité de celui qui demeure dans l’éternité auprès du Père. Secret qui ne sera pleinement levé pour la foi des croyants qu’au dimanche de Pâques. Message surprenant que ce dévoilement d’un instant, qui nous dit dès lors que l’humanité, que Jésus a assumée, est au-delà de nos capacités de compréhension et a fortiori de vision. Ce dévoilement est là comme un don, pour toute humanité ! — doté d’une valeur qui relève de l’infini… C’est ce qui sera dévoilé au dimanche de Pâques, pour un tout nouveau retentissement de la promesse du Royaume — « quelques–uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance » disait Jésus à la veille de sa transfiguration (Mc 9, 1).
Ainsi, désormais, « du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ; fondez vos pensées en haut, non sur la terre. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Colossiens 3, 1-4).
Lorsque au matin de Pâques, les femmes ont reçu ce signe : « le corps n’était pas là » ; le signe est chargé de cette promesse — qui retentit jusqu’à nous : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du temps » (Mt 28, 20).
jeudi 29 novembre 2018
Quoi de neuf ? - Noël 2018
Édito
Lorsque, avant sa venue à l’être, Dieu envoie une âme dans le monde, celle-ci trépigne, résiste, supplie, bref, fait tout pour éviter de devenir chair. Puis elle finit pas céder – on peut penser : mi par lassitude, mi par inconscience, à défaut d’avoir pu mesurer les conséquences d’une telle acceptation. « Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire », dit Jérémie (ch. 20, v 7) avant de maudire sa propre naissance (v. 14), à l’instar de Job (ch. 3). Si l’on en croit la tradition juive nous enseignant cette réticence de l’âme à venir en ce monde, nous avons tous dit « non ».
Tous, vraiment ? Il y en a toutefois bien un qui a dit « oui » en toute connaissance de cause : celui qui nous a rejoints dans notre humanité, est devenu chair (Jean 1, 14). Celui qui est la Parole de lumière, le « oui » en qui tout a été fait est « venu chez les siens » (Jn 1, 11a). C’est ce que nous rappelle le temps de Noël que nous préparons. C’est ici que tout est renversé, ici que tout devient possible.
Nous voici donc tous avec notre « non » appelés à un acte de confiance à la suite de celui-là seul qui a dit « oui » pour nous en connaissance de cause.
Pour nous aussi, quoiqu’il en ressorte, il est alors temps, au-delà de nos refus – car nous ne l’avons d’abord pas reçue (Jn 1, 11b) –, il est temps, par-delà nos refus, de recevoir le don qui nous est fait : à quiconque a reçu la Parole de lumière, « elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).
*
Tandis que les ténèbres couvrent la terre, tandis que le brouillard de nos douleurs nous empêche encore de voir clairement ce mystère, le peuple de Dieu, est déjà rayonnant de la lumière de Dieu, sa Gloire.
« Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière : la gloire du Seigneur sur toi s'est levée. Voici qu'en effet les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, mais sur toi le Seigneur va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever » (Ésaïe 60, 1-3).
C’est cette promesse que Noël renouvelle. L’Alliance est renouvelée et étendue à toutes les nations, pour que l'Église soit riche de toutes leurs cultures, de toutes leurs couleurs, de toutes leurs légendes et traditions, de tous leurs chants.
La promesse d'Ésaïe est en marche. Ceux qui déjà se sont approchés de la Jérusalem nouvelle, ville de la paix, portent les louanges du Seigneur de loin en loin, se font ses messagers, pour autant d'échos d'extrémités du monde en extrémités du monde.
La promesse se déploie par l'octroi du pardon : par la foi seule, on a accès à la Jérusalem céleste ! Cela vaut pour tous, quelle que soit sa tradition, sa provenance, ses rites. Sur ce fondement de la mission universelle, le pardon, et le pardon réciproque de tout ce qu'est chacun, le pardon des fautes aussi, ce don de Dieu pour l'acceptation de tous et pour un nouveau départ, se bâtit l'Église universelle.
Le don de Dieu, le dévoilement de ce grand mystère se poursuit, et nous sommes encore invités à en être.
Aujourd'hui à nouveau, Dieu nous accueille comme ses enfants, tous, d'où que nous soyons, par pure grâce, par don, cadeau de Noël pour nous porter à travers les jours qui s’ouvrent, pour que nos lendemains soient lumière.
vendredi 14 septembre 2018
samedi 30 juin 2018
Confirmation et catéchèse

Édito Quoi de neuf ?
La confirmation apparaît parfois encore pour nos jeunes catéchumènes et leurs parents comme une sorte de clôture du catéchisme. Cette perception des choses a une histoire.
Ce sont les Réformateurs qui, au XVIe siècle, ont introduit le catéchisme, tel qu’il sera ensuite repris aussi par l’Église catholique. Rien de tel au long des siècles du christianisme antécédent.
En corollaire, une autre signification de la confirmation. Dans l’Église ancienne, et jusqu’aujourd’hui dans les Églises d’Orient, la confirmation est administrée par le prêtre lors du baptême – y compris des nourrissons – comme sacrement par lequel l’Esprit saint vient confirmer la grâce procurée par le baptême. Or, en Occident, l’Église catholique avait adopté la discipline selon laquelle seul l’évêque et non le prêtre a le pouvoir d’octroyer la confirmation. On a là une des raisons pour lesquelles en Occident, les évêques ne pouvant pas être présents à chaque baptême de nourrisson des nombreuses paroisses de leurs vastes diocèses, la confirmation a été déplacée à l’adolescence, devenant aussi, de ce fait, un rite de passage.
Les Réformateurs ont abandonné la pratique sacramentelle de la confirmation, considérant que la plénitude du don de la grâce est signifiée au baptême. Mais, ayant introduit la nécessité du catéchisme pour que chacun puisse avoir des bases de connaissance de l’enseignement biblique, cela dès le jeune âge, ils ont aussi institué une cérémonie cultuelle de fin du catéchisme, qui, à son tour, et en parallèle avec le rite catholique occidental, a reçu le nom de… confirmation. C’est l’origine de ce qui est devenu notre pratique protestante, qui n’est pas sans inconvénients : du risque de laisser penser que l’assiduité au temple finit là, avec cette sorte de diplôme final, à cette impression redoutable que ce sont les catéchumènes qui confirment eux-mêmes la grâce signifiée au baptême.
Où il n’est pas inutile de souligner que c’est au contraire Dieu qui confirme la fidélité à laquelle il s’est engagé. Au moment du passage à l’âge de responsabilité – équivalent de la bar-mitsvah dans le judaïsme – Dieu redit la véracité de son alliance signifiée, en christianisme, au baptême : même « si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut pas se renier lui-même » (2 Ti 2, 13). Confirmation de la promesse déjà donnée au prophète Ésaïe (54, 10) : « quand les montagnes s’effondreraient, dit Dieu, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera pas de toi, mon alliance de paix ne sera pas ébranlée : je t’aime d’un amour éternel, et je te garde ma miséricorde ».
La confirmation apparaît parfois encore pour nos jeunes catéchumènes et leurs parents comme une sorte de clôture du catéchisme. Cette perception des choses a une histoire.
Ce sont les Réformateurs qui, au XVIe siècle, ont introduit le catéchisme, tel qu’il sera ensuite repris aussi par l’Église catholique. Rien de tel au long des siècles du christianisme antécédent.
En corollaire, une autre signification de la confirmation. Dans l’Église ancienne, et jusqu’aujourd’hui dans les Églises d’Orient, la confirmation est administrée par le prêtre lors du baptême – y compris des nourrissons – comme sacrement par lequel l’Esprit saint vient confirmer la grâce procurée par le baptême. Or, en Occident, l’Église catholique avait adopté la discipline selon laquelle seul l’évêque et non le prêtre a le pouvoir d’octroyer la confirmation. On a là une des raisons pour lesquelles en Occident, les évêques ne pouvant pas être présents à chaque baptême de nourrisson des nombreuses paroisses de leurs vastes diocèses, la confirmation a été déplacée à l’adolescence, devenant aussi, de ce fait, un rite de passage.
Les Réformateurs ont abandonné la pratique sacramentelle de la confirmation, considérant que la plénitude du don de la grâce est signifiée au baptême. Mais, ayant introduit la nécessité du catéchisme pour que chacun puisse avoir des bases de connaissance de l’enseignement biblique, cela dès le jeune âge, ils ont aussi institué une cérémonie cultuelle de fin du catéchisme, qui, à son tour, et en parallèle avec le rite catholique occidental, a reçu le nom de… confirmation. C’est l’origine de ce qui est devenu notre pratique protestante, qui n’est pas sans inconvénients : du risque de laisser penser que l’assiduité au temple finit là, avec cette sorte de diplôme final, à cette impression redoutable que ce sont les catéchumènes qui confirment eux-mêmes la grâce signifiée au baptême.
Où il n’est pas inutile de souligner que c’est au contraire Dieu qui confirme la fidélité à laquelle il s’est engagé. Au moment du passage à l’âge de responsabilité – équivalent de la bar-mitsvah dans le judaïsme – Dieu redit la véracité de son alliance signifiée, en christianisme, au baptême : même « si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut pas se renier lui-même » (2 Ti 2, 13). Confirmation de la promesse déjà donnée au prophète Ésaïe (54, 10) : « quand les montagnes s’effondreraient, dit Dieu, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera pas de toi, mon alliance de paix ne sera pas ébranlée : je t’aime d’un amour éternel, et je te garde ma miséricorde ».
Roland Poupin, pasteur
Qdn, juin 2018 - PO, septembre 2018
Qdn, juin 2018 - PO, septembre 2018
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